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Date : 28-11-2024 20:42:06
ROYAUME-UNI - Affaire Al Fayed: la police londonienne critiquée :
>>> La gestion du dossier qui implique le père de Dodi, pour des viols ou agressions sexuelles, est mise en doute.
«Trop peu et trop tard»: la police londonienne fait l’objet de critiques pour sa gestion de l’affaire Mohamed Al-Fayed, accusé par des centaines de femmes de viols ou agressions sexuelles, mais jamais inquiété de son vivant.
Mercredi soir, elle a annoncé s’intéresser au cercle rapproché de l’ex-homme d’affaires égyptien multimillionnaire décédé en août 2023 à 94 ans.
Cinq personnes sont soupçonnées d’avoir «rendu possibles» les agissements présumés de l’ancien propriétaire du grand magasin londonien Harrods, qui auraient duré plus de 35 ans, entre 1977 et 2014. M. Al-Fayed a aussi été un temps propriétaire du club de football de Fulham à Londres. Il avait également acheté le Ritz à Paris.
Ses victimes étaient principalement des jeunes employées, parfois mineures.
La «Met» police a précisé qu’elle avait déjà revu «plus de 50願 pages» de documents dont «des témoignages de victimes», afin de mettre à jour d’éventuelles «opportunités manquées».
Depuis un documentaire de la BBC en septembre, la police dit avoir été contactée «par de nombreuses victimes, certaines faisant état de multiples infractions», et estime à 90 le total de ces victimes.
Parmi elles, une adolescente de 13 ans.
Le 8 novembre, la police de Londres avait déjà annoncé avoir transmis à la «police des polices» les plaintes de deux femmes concernant des affaires de 2008 et 2013, pour réexaminer comment la «Met» y avait répondu.
Elle avait aussi déclaré qu’elle examinait la manière dont 21 témoignages, «déposés avant le décès de Mohamed Al-Fayed», avaient été traités.
Car les témoignages n'ont jusqu'ici abouti à rien. Mohammed Al-Fayed, personnage charismatique, connu dans le monde entier pour être le père de Dodi, mort tragiquement aux côtés de la princesse Diana en 1997, n’a jamais été poursuivi.
Selon une source proche de l’enquête, il avait été interrogé en 2013, mais aucune charge n’avait été retenue contre lui.
«Toutes les personnes à qui j’ai parlées m’ont dit avoir déposé une plainte auprès de la police, mais il ne s’est rien passé», a souligné jeudi sur la chaine Sky News l’avocat Bruce Drummond, qui représente certaines des victimes d’Al-Fayed réunies dans le collectif «Justice for Harrods Survivors (Justice pour les survivantes d’Harrods)».
Bruce Drummond dit avoir reçu plus de 400 témoignages depuis le début de l’affaire et en avoir retenu 270. «De nouveaux cas arrivent tous les jours», a-t-il assuré.
«Un certain nombre de femmes ont porté plainte mais ces plaintes n’ont jamais été regroupées dans le même dossier», a déclaré jeudi sur la BBC Zoë Billingham, ex-enquêtrice à «la police des polices».
«S’il est encourageant d’entendre aujourd’hui qu'est lancée une enquête approfondie sur d’éventuelles complices, est-ce suffisant pour les victimes?», a-t-elle ajouté.
Non, tranche l’avocate Emma Jones, dont le cabinet représente également des accusatrices de Mohamed Al-Fayed. Ces nouvelles annonces de la police sont «trop peu et trop tardives pour les survivantes».
«On ne peut pas changer l’histoire, on ne peut pas changer ce qui s’est passé mais j’espère que la police aujourd’hui permettra de réparer ses erreurs passées», ajoute Bruce Drummond.
Pour Emma Jones, cette enquête «soulève de sérieuses inquiétudes».
Comment restaurer la confiance du public dans une institution qui n’a pas été capable d’instruire de telles enquêtes, s’interroge-t-elle.
«Il existe encore un fossé entre l’idée que le public se fait de la police et la manière dont la police réagit à ces crimes», souligne Zoë Billingham. «Et c’est précisément ce fossé qu’il faut combler».
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