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Date : 09-02-2026 11:52:44
Jean Tamais huit jours de vacances au Portugal. Heureux comme un gosse un soir de Noël. Huit jours, avec au programme officiel : soleil, sardines grillées, océan turquoise, photos Instagram avec lunettes de soleil.
Mais au final : la pluie. Persistante. Engagée. Motivée. Presque militante. Et volià...
Premier jour : Arrivée pleine d’espoir. Le ciel est gris mais “ça va se lever”. Spoiler : non. Premier achat local : un parapluie. Deuxième achat : un deuxième parapluie, parce que le premier s’est suicidé face au vent atlantique.
Deuxième jour : Lisbonne sous la pluie, c’est très joli. Pendant 12 minutes. Ensuite, tout glisse. Les pavés sont officiellement des pièges mortels conçus par des ingénieurs diaboliques. Je découvre que tomber avec élégance est un mythe.
Troisième jour : Musées. Tous les musées. Même ceux dont personne ne parle jamais. À la fin de la journée, je sais beaucoup trop de choses sur les carreaux de faïence du XVIIᵉ siècle. Je commence à leur parler. Ils ne répondent pas, mais au moins eux ne sont pas mouillés.
Quatrième jour : Direction la côte. L’océan est là, majestueux, sauvage, et clairement pas d’humeur à accueillir des humains heureux. Pluie horizontale. Vent à décorner un bœuf. Photo souvenir : une silhouette floue, capuche sur la tête, regard vide, dignité absente.
Cinquième jour : Phase d’acceptation. Je mange des pastéis de nata pour me réchauffer. Dix. La pluie tombe, je ne la regarde même plus. On est colocataires maintenant.
Sixième jour : Je commence à repérer les Portugais à leur capacité surnaturelle à vivre normalement sous un déluge. Moi, je mets 14 minutes à enfiler une veste imperméable et je suis quand même mouillé à l’intérieur. Mystère.
Septième jour : Il fait presque beau. Quasiment. Le soleil apparaît pendant 6 minutes. Les gens s’arrêtent, émus. On applaudit. Quelqu’un pleure. Puis il repleut.
Huitième jour : Départ. Le ciel est bleu. D’un bleu insultant. Le Portugal me regarde et murmure : “Tu vois ? C’était possible.”
Bilan du voyage : un bronzage inexistant, 4 kilos de vêtements humides, 87 cafés, une relation toxique avec la météo. Mais aussi une nouvelle capacité à rire sous la pluie, et une certitude : le Portugal est magnifique, même quand il te fait payer chaque goutte.
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