◄ Autres villes

Le site des sorties entre amis et rencontres amicales dans ta ville.
         
Vacances inter OVS ►
Forums > Débats
Autres forums sur des centres d'intérêt précis :
Grâce à ton aide, le site restera sympathique comme tu l'aimes !

Quel problème veux-tu soumettre à la communauté ?






◄◄     1     ►►

8 mars
Auteur : Boobles30 
1/2

Date :    09-03-2024 08:53:30


Droit des femmes : vos petites et grandes victoires

Alors que la liberté d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse vient d’entrer dans la Constitution, on vous a demandé vos petites et grandes victoires du quotidien en ce qui concerne la question des droits des femmes. Tour d’horizon.

Cinquante ans après l’adoption de la loi Veil de 1974, l’interruption volontaire de grossesse entre dans la Constitution française. Une révision constitutionnelle visant à empêcher la remise en cause — partielle ou totale — de la liberté des femmes à recouvrir à l’IVG et constituant une première mondiale.

Associations, médias… ont célébré cette victoire pour les femmes, soulignant la possibilité pour elles de disposer librement de leur corps. De nombreux Français et Françaises se sont réunis pour célébrer cet événement historique notamment à Paris, sur le Parvis des Libertés et des Droits de l’homme, à l’initiative de la Fondation des Femmes.

Droits des femmes : vos petites et grandes victoires du quotidien

Si pour certain.es, cet événement représente une grande victoire, pour d’autres, l’inscription d’une “liberté à” et non d’un “droit à” dans la Constitution résonne comme une victoire partielle. La notion de « victoire » peut donc être relativisée et propre à chacun.e.

Nous avons voulu vous demander, à vous, quelles étaient vos petites et grandes victoires du quotidien en ce qui concerne les droits des femmes. De la libération de la parole sur le sujet du consentement, en passant par des trajectoires personnelles fortes, vous nous avez partagé ces petits et grands succès qui résonnent à l’échelle d’un individu ou d’une nation toute entière.

Vers plus d’égalité ?

131 ans nous séparent de l’atteinte de l’égalité des genres dans le monde au rythme des progrès actuels

D’après les projections partagées lors du Forum économique mondial en 2023. En 2024, aucun pays n’a atteint l’égalité des genres. Pourtant, il s’agit d’une préoccupation européenne forte. Pour 70% des personnes interrogées en France, en Italie et en Allemagne par l’institut de sondage Stack, commissionné par Focus 2030, il s’agit même d’une priorité politique.

Si des progrès en termes d’égalité sont réalisés, bien sûr, chaque avancée reste fragile ou facilement fragilisable, on le voit notamment avec la remise en cause du droit à l’avortement aux États-Unis, pour ne prendre que cet exemple. Ainsi, le 24 juin 2022, la Cour suprême des États-Unis annulait l’arrêt fédéral Roe vs Wade, garantissant le droit d’avorter depuis 1973, ouvrant ainsi la possibilité pour chaque État de choisir sa politique sur l’accès à l’IVG et à plus d’une dizaine d’entre eux d’avoir déjà interdit ce droit. Rappelons également que de nombreux pays privent encore les femmes de libertés fondamentales, comme celle de se déplacer seule, ou encore d’étudier.

C’est pourquoi, chaque petite et grande victoire concernant le droit des femmes fait figure de respiration, pour s’inspirer et se motiver à poursuivre les efforts et les combats pour aller vers plus d’égalité au quotidien.

A travers leurs histoires, ces femmes pointent symboliquement les combats qu’elles mènent aujourd'hui et les avancées qu’elles espèrent pour demain.


Sarah, 48 ans : « Je lutte contre un sentiment de culpabilité de ne pas être une bonne maman »

« Séparée depuis 8 ans et divorcée depuis 6 ans, maman solo de deux adolescentes de 13 et 15 ans, mon ex-mari a lancé une procédure pour une modification du jugement de divorce et demande la garde complète de ma fille aînée et la garde partagée de ma fille cadette. Dans un contexte de non-communication et de guerre d’avocats, mon combat quotidien est psychologique pour lutter contre un sentiment de honte de ne pas être une bonne maman, un sentiment de culpabilité : qu’est-ce que j’ai fait pour en arriver là ? Pour mériter ça ? Pourquoi n’ai-je pas le droit au bonheur ?
Mon combat est également affectif pour garder ma place de maman face à deux adolescentes, la nécessité de les cadrer, de leur offrir les limites qu’elles cherchent et risquer ainsi de passer pour la mauvaise personne, celle qui dit non, celle qui contrôle et garde le contrôle. En regard de cela, Monsieur passe pour la personne cool, permissive, et du coup cela est alléchant de vouloir aller vivre chez lui… Mon combat quotidien est aussi de préserver les relations avec mes filles dans ce contexte de tension psychologique. »


Colette, 86 ans : « J’ai peur d’aller seule dans un café »

« Parisienne de 86 ans, j‘ai reçu une éducation sévère et aujourd’hui j’ai encore peur d’aller seule dans un café car on m’a souvent répété « Les cafés ne sont pas des lieux pour les femmes ». Il faut savoir que « putain » était la pire des insultes. Le mariage était la seule possibilité de transgression des codes de la société pour vivre une vie amoureuse et sexuelle. Je trouve que l’accélération sociétale peut avoir du bon comme l’inscription de l’ivg dans la constitution. Je suis passionnée des civilisations et pour moi ce qui a dégradé l’équité Homme-Femme c’est la bourgeoisie et ses codes qui ont imposé beaucoup de choses aux femmes.
Je dis souvent que le premier organe sexuel d’un homme sont ses yeux. C’est dire l’importance d’un regard ! En tant qu’aînée, je souhaite être un pont entre les générations et transmettre aux jeunes mon expérience de femme. Pour moi le plus beau mot en français est féminin : La liberté. »


Louise, 29 ans : « Mon combat quotidien c’est de m’accepter telle que je suis »

« À presque 30 ans, je prends conscience que je perds du temps à ne pas être bien dans ma peau. D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais été à l’aise avec mon physique. C’est un combat au quotidien parce que cela occupe une grande partie de mon espace mental et c’est une lutte continue contre moi-même. Depuis quelques mois, je suis suivie par une psychologue à ce sujet-là donc j’ai un peu moins l’impression de livrer ce combat seule.

Mais, en attendant, chaque jour je dois faire face à mes pensées contradictoires qui, d’un côté, me poussent à changer mon apparence et, de l’autre, m’entraînent à m’accepter telle que je suis. C’est une thématique omniprésente puisqu’elle conditionne mon alimentation, mon activité sportive ou encore la manière avec laquelle je m’habille. Et c’est une lutte qui change chaque jour puisqu’elle dépend de mon équilibre mental qui influence à son tour la dysmorphophobie et toutes les pensées qui vont en découler. Prendre à bras le corps ce problème en consultant une professionnelle me rend fière de moi. Je sais que la situation est amenée à évoluer et que, même si ça doit prendre du temps, je suis sur le chemin pour aller mieux. »


Bérengère, 43 ans : « J’ai fait une PMA en Espagne »

« Je suis maman d’un petit garçon de 18 mois né à la suite de 3 années de PMA (procréation médicalement assistée, ndlr) qui s’est terminée en Espagne. Cette aventure a été un long combat. Pour notre PMA, nous avons suivi trois protocoles différents en France et, n’étant pas réactive aux traitements, deux protocoles en Espagne où les lois de bioéthiques permettent (moyennant finances) plus de techniques. Nous ne voulions pas perdre de temps, mon âge jouant en notre défaveur, nous avons enchaîné aussi vite que possible malgré l’interminable pause de 4 mois imposée par le Covid.

Aujourd’hui, mon combat quotidien est celui de me séparer de mon fils chaque jour pour aller faire un travail que je considère comme un “bullshit job” et où je dois refaire mes preuves auprès de la nouvelle directrice générale. D’autant plus que mon père est décédé en octobre, il était en bonne santé et nous étions très proches. Mais grâce à mon bébé, je reste optimiste. »


Caroline, 27 ans : « Mon combat quotidien est de travailler dans un milieu d’hommes »

« Lorsque j’étais en Master 2 de Physique, j’ai réalisé un stage dans un laboratoire de recherche. Durant ce stage, j’ai reçu à plusieurs reprises des remarques déplacées de la part de mon encadrant de stage. Cela se déroulait en été et il faisait assez chaud. Pendant une expérience que je réalise en laboratoire avec un doctorant en physique, mon encadrant de stage entre dans la pièce. Il se moque alors de son doctorant qui porte une polaire (en plein été). Celui-ci lui dit qu’il froid dans les labos car ils sont climatisés. L’encadrant répond : « Et pourtant il y a Caroline à côté de toi, tu devrais avoir chaud ». Si seulement ça pouvait s’arrêter là !

Un autre commentaire reçu : un jour après le déjeuner avec les collègues, nous prenions le café dans la cour de l’observatoire. Ce jour-là, je portais un short. J’ai entendu un commentaire de mon encadrant à d’autres collègues en disant : « On verra quand Caroline viendra en string au labo ». Ces situations dénotent à la fois de la difficulté de travailler dans un milieu où la majorité des collègues sont des hommes, mais aussi du chemin à parcourir pour considérer les femmes salariées en se basant uniquement sur leurs compétences professionnelles. »


Esther, 32 ans : « Je dois choisir entre ma carrière et fonder un foyer »

« Après plusieurs années en tant que travailleuse indépendante, je suis forcée de retourner dans le salariat pour fonder une famille. J’ai 32 ans et je suis en couple depuis plusieurs années. Mon conjoint (qui est également à son compte) et moi avons comme projet de fonder une famille en 2025. Seul bémol : mon statut professionnel est trop précaire pour mener à bien ce projet de vie. D’après la loi, en 2024, les travailleuses indépendantes perçoivent une indemnité journalière fixe, peu importe le salaire de chacune, qui s’élève à 63,52€ par jour durant 16 semaines, la durée maximale du congé maternité pour les indépendantes ainsi que les salariées.

En revanche, les salariées perçoivent 80 % de leur salaire – si je me base sur le montant de mon salaire actuel en tant qu’indépendante, j’aurai perçu 9 600 euros d’allocation. Le calcul est vite fait. C’est une évidence : le statut de travailleur indépendant n’est pas adapté à la condition de femme. Si je souhaite vivre une grossesse et une maternité sereine, je me sens contrainte d’abandonner mon entreprise, renoncer à mes rêves professionnels et retourner dans le salariat afin de bénéficier de tous les avantages : congé parental, sécurité d’emploi, avantages sociaux… Aujourd’hui encore, être une femme, c’est faire des sacrifices pour devenir mère. »


Marie, 31 ans : « Mon combat quotidien est le manque de liberté dans mes choix »

« Je suis psychologue de formation exerçant en libéral et j’ai repris des études de médecine, qui sont très denses. Mon combat quotidien est le manque de temps et de liberté dans mes choix : avoir le temps de prendre soin de moi, de ma santé physique et avoir un équilibre de vie personnel pour garder la passion et la motivation. Je suis également confrontée aux injonctions de la société bien que je ne les ai pas intériorisées, mais qui reste dans un coin de mon inconscient en bruit de fond : « Quand aurais-je le temps de construire ma vie personnelle, d’être libre d’accomplir mes projets, fonder ma famille ? ».

Aussi inspirant et passionnant qu’il soit de poursuivre ses rêves, le prix à payer est parfois très fort, il faut être prêt à encaisser les sacrifices que cela exige, les doutes, les questionnements, les moments de frustrations. Et surtout, s’affranchir du schéma sociétal et vivre pour soi. Mais la difficulté du challenge en fera sa beauté plus tard et une source d’inspiration, que tout est possible lorsque l’on croit en soi, qu’on on se donne les moyens et qu’on se bat pour ses objectifs. »


Source : psychologies.com – Cécilia Oubrahim, le 08/03/2024

Auteur : Aigle  
2/2

Date :    09-03-2024 10:50:12


« Multiple et hétérogène », le féminisme se décline toujours au pluriel, souligne l’introduction du livre – parce qu’il s’adapte aux réalités nationales dans lesquelles il se déploie, parce que les combats se transforment avec les époques et parce qu’il réunit – et parfois oppose – des courants politiques et philosophiques très différents
« Les féminismes. Une histoire mondiale » - Yannick Ripa et Françoise Thébaud,

◄◄     1     ►►



Retour à l'index du Forum

« Voir les autres
Viens discuter sur le forum
Pros : créez & placez votre annonce ici »