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Date : 04-11-2026 14:35:59
Des messages sans filtre d’Emmanuel Macron révélés dans le livre de Françoise Degois.
Après « Un président ne devrait pas dire ça… », point final rocambolesque de la présidence de François Hollande, c’est au tour d’Emmanuel Macron de se retrouver dans un livre reprenant des confidences faites sans filtre. Mais, à la différence du président socialiste, qui savait que ses propos pouvaient être fidèlement reproduits par les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme, le chef de l’État n’a appris qu’il y a quelques jours que ses états d’âme envoyés tardivement par Telegram à l’éditorialiste Françoise Degois allaient être rendus publics.
Ce mercredi 4 novembre, Le Figaro et Marianne publient des extraits de l’ouvrage Vous êtes tous trop durs avec moi (éd. Robert Laffont), dont la sortie est prévue ce vendredi.
La journaliste, qui a été un temps la conseillère de Ségolène Royal, reproduit ses échanges avec Emmanuel Macron, qui permettent notamment d’avoir la confirmation que le chef de l’État n’a jamais eu l’intention de confier à la coalition du Nouveau Front populaire, arrivée en tête des législatives de 2024, la tâche de constituer un gouvernement.
« Il n’y a qu’elle et vous tous pour croire qu’elle peut aller un jour à Matignon », écrit-il en évoquant Lucie Castets, candidate au poste désignée par le NFP car, pour le chef de l’État, « c’est le RN qui a gagné » à la suite de sa dissolution ratée. Emmanuel Macron ne partage pas le constat -unanime dans la presse- d’une décision politique hasardeuse ayant condamné son second quinquennat. « Cette dissolution, qui m’a tant coûté à tous égards, a quand même bloqué le RN là. J’en suis sûr. Il était prêt pour l’automne mais pas pour juin. C’est une des raisons de mon choix », écrit-il encore à Françoise Degois.
Dans leurs échanges, l’éditorialiste et le chef de l’État évoquent le paysage politique en général. Gabriel Attal ? « On lui a trop tout donné. Tout le temps. Trop ». La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon ? « La stratégie de LFI est dingo mais j’y crois pas ». Alors que le microcosme politique sait que Françoise Degois défend la ligne portée par le premier secrétaire du PS, Emmanuel Macron tresse les louanges d’Olivier Faure.
« C’est un mec bien, très bien, Olivier », écrit-il, jugeant que celui qui a depuis essuyé une sévère défaite face à Raphaël Glucksmann devrait se porter candidat : « Qu’il y aille, Olivier. Les autres, ce sont des nazes. Si on les prend un par un ! ». Les ex-candidats de l’espace social-démocrate apprécieront. « Allez là, faut y aller. Faut foncer, il peut se cogner Méluche. Moi je me le suis cogné, c’est pas de la tarte mais on y arrive », encourage-t-il.
Dans d’autres échanges, Emmanuel Macron se plaint du traitement de la presse à son égard, dénonçant des articles à charge et ceux qui les alimentent. « Ce ne sont pas trois papiers qui font la différence », veut-il croire, fustigeant des journalistes se permettant d’écrire sur son action sans qu’il les ait rencontrés. À le lire, le président de la République ferait l’objet d’un traitement injuste. « Souvent, vous et les vôtres, vous êtes tous trop durs avec moi », se plaint-il à Françoise Degois. Sans savoir, que des mois plus tard, le contenu de ce message servira de titre à un livre.
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